Note de conjoncture à mi-février 2018 - Cabinet SDE

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Note de conjoncture à mi-février 2018 – Cabinet SDE

LES DÉFAILLANCES D’ENTREPRISES AU PLUS BAS DEPUIS 10 ANS :

(Les échos le 25 janvier 2018 : Guillaume de Calignon)

Le nombre de défaillances d’entreprises a reculé de 4,6% en 2017, à 55.175, selon le cabinet Altares. L’agriculture et l’hébergement restent toutefois des secteurs en crise.

La reprise de l’économie française en 2017 a sensiblement amélioré la santé des entreprises et, par ricochet, les défaillances s’en sont ressenties. Selon le cabinet Altares, le nombre de procédures collectives engagées en 2017 à donc sensiblement reculé pour passer en dessous de la barre annuelle des 60.000 entreprises. Il s’agit du chiffre le plus faible depuis 2007 (crise des « SUB PRIME » aux Etats Unis), année qui avait précédé la crise européenne et mondiale.

De la même façon, le nombre d’emplois mis en danger par ces défaillances est tombé à 166.500, ce qui n’était pas arrivé depuis une décennie. Toutes les Régions françaises ont connu ce net recul des défaillances, à l’exception notable de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Amélioration notable dans le commerce de détail

« Les indicateurs sont bons et la situation est très encourageante » juge Thierry Million, Directeur des études chez Altares. « L’an dernier, l’environnement international a été meilleur, tant dans les pays développés que dans les pays émergents, ce qui a permis aux exportateurs d’augmenter leur business », remarque-t-il. En ce qui concerne le marché intérieur, la consommation des ménages a continué a être dynamique. Cela explique que les défaillances dans le commerce de détail d’habillement par exemple, aient beaucoup baissé. Le nombre de sauvegardes, de redressements et de liquidations judiciaires de ce secteur, qui revient qui revient de loin, a chuté de 17 %.

De même, la restauration a connu une amélioration franche de sa situation. Seuls les boulangers voient leur taux de défaillance légèrement progresser. Le reflux est également notable dans la construction ; l’industrie, les services aux entreprises ou encore les transports, sauf les taxis, soumis à la concurrence d’UBER.

L’élevage en crise   

Il existe toutefois quelques points noirs.

D’abord, les défaillances ont légèrement remonté au cours des trois derniers mois de l’année 2017. L’explication réside dans le fait que le dernier trimestre de 2016 avait été très bon. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une alerte.

Ensuite, il existe des secteurs qui continuent à éprouver de grandes difficultés et c’est particulièrement vrai de l’agriculture. Les défaillances d’éleveurs ont progressé de 19% l’an passé. Alors que 177 fermes de bovins avaient été liquidées en 2013, elles étaient plus de 300 en 2017. « Quelque chose s’est durablement dégradé pour l’agriculture française » souligne Thierry Millon.

Ensuite, l’hébergement a connu aussi une crise sans précédent en 2017, en raison des plateformes  de réservations sur internet et de la présence affirmée d’Air B&B.

Et l’année 2018 ?

Les économistes tablent en moyenne sur une croissance de 1,8 % cette année, c’est-à-dire du même ordre qu’en 2017. Le reflux des défaillances devrait donc se poursuivre. Le cabinet Altares anticipe a environ 52.000 procédures collectives pour l’année 2018.

La dynamique de créations d’entreprises a été forte en 2016 et en 2017, or nous savons que quatre entrepreneurs sur dix ne passent pas la cinquième année. Il sera donc difficile de descendre sous la barre des 50.000 défaillances par an et de revenir à moins de 45.000, le niveau du début des années 2000.  Il faut alors simplement se dire que « c’est aussi le revers de la médaille pour une France qui entreprend ».

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